Léon Indenbaum

1890 1981
(Belarus) 1890 /   (France) 1981

Le père de Léon Indenbaum, qui est passementier, meurt prématurément. Différents membres de la famille s’occupent alors de ses cinq enfants devenus orphelins. Léon est pris en charge par son grand-père, un relieur d’art apprécié.

Léon Indenbaum suit des études hébraïques jusqu’à ses 13 ans, après quoi il travaille le bois dans une école artisanale. Son directeur le remarque et lui procure une bourse afin d’étudier aux Beaux-Arts d’Odessa.Il y travaille le bois sculpté et la glaise. Il étudie ensuite brièvement à l’école d’arts appliqués Antonolski, à Vilnus.

Il est fasciné par les récits qu’il entend de Paris et de l’ambiance artistique qui y règne alors. Avec l’aide d’un ingénieur de Vilna, il arrive à Paris en 1911 et s’installe chez Mietschaninoff à la Ruche. Il habite d’abord au deuxième étage, à côté de Chagall, puis déménage dans l’atelier de Volovick.

De 1911 à 1919, Léon Indenbaum continue sa formation de sculpteur dans l’atelier d’Antoine Bourdelle à la Grande Chaumière. Ce dernier a une affection certaine pour lui et l’appelle « mon jeune poulain ». En 1912, trois de ses sculptures sont exposées au Salon des Indépendants. À cette époque, il se lie d’amitié avec Modigliani, qu’il héberge quelque temps avant de l’aider à louer un atelier mitoyen.

Le premier mécène de Léon Indenbaum est Jacques Doucet, célèbre couturier et collectionneur, pour qui il réalise plusieurs panneaux jusqu’au krach de 1929. Il produit également des sculptures pour le décorateur Coard et pour le couturier Paul Poiret. Il travaille également pour les frères Georges et Marcel Bernard, banquiers et collectionneurs, mais ils sont vite ruinés par la crise de 1929. 

En 1925, il expose deux sculptures au Salon des Indépendants, un buste de jeune fille et une femme couchée, qui sont saluées par la critique. Léon Indenbaum est peu sociable et déteste la publicité. Il travaille discrètement, et estime qu’un artiste se doit d’être indifférent à la célébrité et de ne pas se laisser distraire par des mondanités.

Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, il se cache. Plusieurs de ses œuvres disparaissent et sont détruites. Après la guerre, Indenbaum continue de travailler, toujours dans la discrétion.

Il meurt chez sa fille à Opio, dans les Alpes-Maritimes.