Sigmund Menkes

1896 1986
(Ukraine) 1896 /   (Etats Unis) 1986

Après une enfance passée, selon son expression, dans un « milieu triste », Sigmund Menkès, l’aîné de six enfants, s’inscrit à l’âge de seize ans à l’institut des Arts décoratifs de Lvov, où il rencontre Alfred Aberdam. Pour gagner sa vie, il est peintre en bâtiments. Il étudie parallèlement la technique de la fresque et travaille à la restauration d’églises orthodoxes. «J’avais tout un plafond pour moi et je pouvais peindre ce que je voulais. »

En 1919, Menkès consacre plus de temps à sa peinture et entre à l’académie des Beaux-Arts de Cracovie. En 1922, il est à Berlin dans l’atelier d’Alexander Archipenko. Il y rencontre Weingart et passe l’année avec lui.

Il arrive à Paris en 1923, s’installe à Montparnasse, où il loue une chambre dans un bâtiment partiellement transformé en hôtel pour les artistes, l’Hôtel Médical, qu’il partagera pendant deux ans avec Weingart. Ils ont été nombreux à y habiter : Ephraïm Mandelbaum, Eugène Zak, Marc Chagall entre autres. Il fréquente le café de La Rotonde et plus tard Le Dôme. C’est à La Rotonde qu’il rencontre, cette même année 1923, Léon Weissberg. Menkès l’emmène passer sa première nuit à Paris dans sa propre chambre d’hôtel. Menkès s’installe, après Marcel Slodki, dans l’ancien atelier du Douanier Rousseau au 2 bis de la rue Perrel, atelier qu’il cédera à Weissberg quand il quittera Paris en 1935.

À Montparnasse son humour le rend populaire. Dès 1924, après un aller et retour à Lvov pour chercher une aide financière, il fait la connaissance d’un collectionneur qui le soutient et achète régulièrement sa peinture. Sigmund Menkès forme, avec Alfred Aberdam, Joachim Weingart et Léon Weissberg, le groupe de Quatre. A la fin de l’année 1925, l’exposition « Le Groupe des Quatre » est organisé par Jan Sliwinski à la galerie Au Sacre du Printemps. À la même époque, Menkès réalise un portrait de son ami Léon Weisserg. Il épouse Stanislawa Théodora Weiss, dite Stasia. D’une grande beauté, Stasia pose pour son mari mais également pour Léopold Gottlieb et Raymond Kanelba.

Menkès voyage dans le sud de la France et s’enthousiasme pour la région de Toulon. Pourtant, la vie difficile des premiers temps le décide à rentrer en Pologne. Il regagne Paris la même année, mais cette fois « pour y rester à tout prix ». À partir de 1930, il expose en alternance à Paris, Lvov, Toronto et New York. En 1934, le collectionneur Paul Guillaume, au jury de l’exposition à la galerie Bernheim, attribue un prix à l’œuvre de Menkès. Il ne le recevra pas à cause de son origine et de sa non-naturalisation.

En 1935, il part à regret pour New York, revient à Paris à trois reprises avant 1939, année de son installation définitive aux États-Unis. Il ne s’en éloignera plus que pour quelques séjours en Israël et en Pologne en 1950.

Sigmund Menkès meurt dans sa maison à Riverdale, État de New York, en août 1986. Son dernier désir fut que l’on disperse ses cendres sur la terre d’Israël.