Pinchus Krémègne

1890 1981
(Belarus) 1890 /   (France) 1981

Pinchus Krémègne est le dernier des neuf enfants d’une famille religieuse et modeste de la région de Vilnius. Son père fabrique des objets inspirés du folklore slave. Il entre à dix-neuf ans à l’école des Beaux-Arts de Vilnius où il étudie la sculpture. Il fait la connaissance de Soutine et de Kikoïne.

Conscient qu’il n’a pas d’avenir dans la Russie antisémite d’alors, il décide en 1912 de se rendre à Paris, affronte les difficultés d’un départ clandestin pour atteindre enfin la Ruche, « cette grande fourmilière russe du passage Dantzig ». Sur ses conseils, Soutine le rejoint en 1913. En 1914, Krémègne sculpte et expose trois de ses œuvres au Salon des Indépendants. En 1915, il abandonne la sculpture pour la peinture.

À Paris, il découvre les musées et les galeries de tableaux qui exposent des œuvres de Vincent Van Gogh, de Paul Cézanne et des impressionnistes. À partir de 1916, il fréquente Montparnasse. Il y retrouve Kikoïne, André Derain, Maurice de Vlaminck, Max Jacob. Les marchands Chéron, Zborowski et Paul Guillaume sont ses premiers collectionneurs. En 1918, il découvre Céret, son nouveau lieu d’inspiration, et y séjourne fréquemment. À partir de 1920 commence une série de voyages : en Corse (1923), à Cagnes-sur-Mer (1928-1929) et en Scandinavie, d’où Krémègne rapporte de nombreux portraits. En 1923, il épouse Birgit Strömback, dont il aura un fils.

En 1940, il se réfugie à Turenne en Corrèze. Hébergé chez un villageois, il participe aux travaux des champs. Une galerie toulousaine lui fournit des couleurs pour qu’il puisse continuer à peindre. 

À la Libération, il rentre à Paris et s’installe dans un atelier rue François-Guibert. De 1949 à 1956, il séjourne en Israël, mais Céret reste son lieu de création privilégié. Dans les années 60, Krémègne y achète un terrain sur lequel il fait construire sa « maison-atelier », qu’il occupera jusqu’à sa mort au printemps 1981.