Otto Freundlich

1878 1943
 (Pomerania) (Allemagne) 1878 /   (Pologne) 1943

Otto Freundlich est le fils d’Emil Freundlich, directeur d’une entreprise de transport. Il reçoit jusqu’en 1901 une formation commerciale dans le domaine du bois chez son frère à Hambourg. En 1904, Otto Freundlich vit à Munich où il se consacre à la théorie musicale. Deux ans plus tard, il étudie l’histoire de l’art à Florence et réalise ses premières peintures. Il découvre la sculpture à Berlin en 1907. Il est l’élève d’Arthur Lewin Funcke. 

En 1908, il arrive à Paris et sera accueilli par Rudolf Lévy, originaire d’Allemagne comme lui. Il s’installe à Montmartre, au Bateau-Lavoir, pendant un an avant de regagner Montparnasse. Il y fera la connaissance de Picasso, Georges Braque, Juan Gris, André Salmon, Guillaume Apollinaire au « Lapin agile ». Précurseur, il réalise ses premières toiles abstraites en 1911.

Pendant les dix ans qui suivent son installation à Paris, Otto Freundlich voyage entre Berlin, Paris et Munich, prenant part à de nombreuses expositions dont la « Nouvelle Secession à Berlin », en 1910 et 1911. Il projette d’ouvrir une école d’art privée. En 1917, il travaille pour la revue pacifiste Die Aktion (L’Action), qui lui consacre un numéro spécial en septembre 1918.

Se passionnant pour différents domaines de la création (vitrail, tapisserie, mosaïque...), il participe avec Max Ernst à la première exposition Dada à Cologne en novembre 1919 puis adhère au groupe Cercle et Carré fondé par Michel Seuphor. Il devient par la suite membre actif du groupe Abstraction-Création à Paris.

En 1920, Walter Gropius veut faire rentrer Freundlich, en tant que professeur, au Bauhaus, mais l’administration refuse. A cette époque, il rencontre son ami Raoul Hausmann. En octobre 1921, Walter Benjamin l’invite à participer à son projet de revue Angelus Novus. Le 11 mars, Il donne une conférence, « Transformation du monde visible ». Il est extrêmement actif et lutte pour ses idées. Au Congrès International des Artistes Progressifs, il s’en prend violement au commerce de l’art et aux organisations d’artistes, participe à l’organisation de l’Exposition Internationnale des artistes révolutionnaires à Berlin, participe avec ses dessins à la loterie pour les affamés de Russie dans la Galerie d’Art Altmann.

En 1930, il rencontre Jeanne Kosnick-Kloss, peintre et sculpteur, dont il partagera la vie. En 1934, il rédige un texte théorique sur la peinture : Die Wege der Abstrakten (Les Chemins de l’art abstrait) avant de fonder en 1936 une académie privée, Le Mur, dans le dernier atelier qu’il occupe à Paris, rue Denfert-Rochereau. Il élabore des projets de sculptures architectoniques, « Sculptures Montagnes », échange des œuvres avec Kurt Schwitters.

Lorsque la guerre éclate, Freundlich, sujet allemand, est arrêté par l’armée française et interné à Francillon. En février 1940, il est transféré à Bassens, en Gironde. Libéré en mai, il se réfugie à Saint-Paul- de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales.

Dénoncé, Otto Freundlich est arrêté le 23 février 1943. Le 4 mars 1943, il est déporté vers la Pologne. Convoi n° 50. Le 9 mars 1943, dès son arrivée au camp de Lublin-Maidanek, il est assassiné par les nazis.

L’exposition itinérante « Entartete Kunst » (Art dégénéré), organisée par les nazis en 1937 à Berlin puis dans toutes les grandes villes allemandes et à Vienne, présentait et dénonçait l’art moderne. De nombreux artistes juifs en faisaient partie. La sculpture de Freundlich L’Homme nouveau, datant de 1912, figurait sur la couverture du catalogue. Parmi les œuvres détruites après la fin de l’exposition figuraient quatorze œuvres d’Otto Freundlich.

Les oeuvres d’Otto Freundlich sont conservées au musée Tavet de Pontoise.