Ossip Lubitch

1896 1990
(Belarus) 1896 /   (France) 1990

Ossip Lubitch naît à Grodno (Biélorussie) en 1896, dans une famille de forgerons. Il étudie pendant quatre ans à l’Académie des Beaux-Arts d’Odessa où l’enseignement officiel des arts est réputé comme le moins académique.

En 1919, il part pour Berlin où il retrouve un groupe d’artistes russes dont Pavel Tchelitchev et Jean Pougny avec lesquels il réalise des décors pour différents théâtres (l’Opéra de Berlin, le  deutsches Theater, l’ « Oiseau Bleu » (« blauer Vogel »), le théâtre de I.E. Duvan Tarzoff, etc...). Il travaille aussi sur des décors de cinéma, avec son ami Lazare Meerson, un des pionniers du renouveau du décor cinématographique.

Lubitch rêve de se consacrer entièrement à la peinture et envisage de partir pour Paris. En 1923, un contrat pour la décoration d’un cabaret montmartrois lui donne l’occasion de rejoindre la capitale. En même temps, il étudie l’art des grands maîtres et comprend à travers l’œuvre dessinée d’un Rembrandt, d’un Goya et d’un Degas que le dessin n’est pas seulement une question de perfection graphique, mais avant tout un merveilleux moyen de s’exprimer soi-même.

Le sculpteur Antoine Bourdelle qui apprécie le travail de Lubitch et l’encourage, l’introduit au Salon des Tuileries dès 1925.

Fixé à Montparnasse, Lubitch va participer à la grande époque d’entre les deux guerres avec le groupe de Pougny, Krémegne, Soutine et les sculpteurs Irina Codréanu et Léon Indenbaum. Son milieu est celui des musiciens du groupe Triton animé par de jeunes compositeurs tels que Marcel Mihalovici, Alexandre Tansman, Alexandre Tcherepnine, Conrad Beck, Tibor Harsanyi, Bohuslav Martinu, les pianistes Monique Haas, Ina Marika et le chef d’orchestre Charles Munch.

En 1934, il publie un album intitulé « Cirque » qui comprend un ensemble de dix eaux-fortes aquatinta et accompagné d’un poème du peintre Georges Rouault. 

Pendant la guerre, Lubitch ne cesse de peindre dans son atelier, rue d’Odessa, à Montparnasse. En 1940, il ne se déclare pas comme juif à la Préfecture de Police. Mais dénoncé en 1944, il est arrêté et interné au camp de Drancy jusqu’à la libération de Paris, le 18 août 1944, au lendemain du dernier convoi pour Auschwitz.

Il léguera ses dessins exécutés à Drancy, au Mémorial de Yad Vashem de Jérusalem et à la collection de Beit Lohamei Haguetaot, à côté de Haifa. Les derniers sont conservés au Musée mémorial de l’Holocauste de Washington.

Après la guerre, Lubitch retrouve son atelier de la rue d’Odessa et reprend son activité.

A cette époque, sa vie privée change. Il rencontre Suzanne Bouldoire, également peintre, qui deviendra sa femme. De leur union naîtra une fille, Dinah.