Moses Bagel (Moshe Bahelfer dit)

1908 1995
(Lituanie) 1908 /   (France) 1995

Bagel s’intéresse à la peinture dès son jeune âge et fréquente les cours du soir de l’école des Arts décoratifs de Vilnius. Il s’associe au groupe Yungvilno, formé de jeunes plasticiens, écrivains, poètes yiddish de Vilnius, et participe aux expositions organisées par le groupe. En 1927, il part pour l’Allemagne où il intègre l’école d’Art plastique et d’Architecture du Bauhaus à Dessau. De 1928 à 1932, il suit les cours de Paul Klee, Wassily Kandinsky et Lyonel Feininger. Sa peinture frôle alors l’abstraction. Il conservera par la suite des liens étroits avec les anciens élèves du Bauhaus vivant à Paris : Joseph Weinfeld, Jean Leppien et Gitel Gold, qu’il épouse en 1932 et avec qui il aura un fils, Amos.

Bagel s’installe à Paris en 1933, illustre des livres d’enfants pour les éditions de la Nouvelle Revue française et réalise des reportages photographiques pour l’agence VU. En 1939, il s’engage dans l’armée française. Démobilisé, il passe les années d’Occupation à Toulouse et travaille chez un architecte. Résistant, il fabrique des faux papiers.

À la Libération, Bagel rentre à Paris, illustre de nombreux journaux yiddish : Presse nouvelle, Droit et Liberté, La Semaine juive, À nouveau…et plusieurs livres dont Montre de Cholem Aleichem. Il réalise également des décors de théâtre et des costumes pour la compagnie théâtrale d’art yiddish, YIKUM.

De 1947 à 1968 il dirige l’atelier de conception de la Twentieth Century Fox et donne parallèlement des conférences sur la peinture. À l’occasion du centenaire de Cholem Aleichem, en 1959, la direction de l’Unesco lui commande une série de 15 grands tableaux inspirés des œuvres de l’écrivain yiddish. Après son exposition dans les salons du palais de l’Unesco, il offre son œuvre à la fondation dédiée à Cholem Aleichem à Tel-Aviv.

Bagel collabore depuis 1945 et jusqu’à sa mort à la revue Architecture d’aujourd’hui.