Louis Marcoussis (Ludwik Kazimieirz Markous dit)

1878 1941
(Pologne) 1878 /   (France) 1941

Louis Marcoussis, fils de Gerszon Markous, industriel cultivé de Varsovie, part en 1901 étudier la peinture à l’académie des Beaux-Arts de Cracovie dans l’atelier du peintre impressionniste Jan Stanislawski. Il fréquente le groupe Jeune Pologne, formé d’écrivains et d’artistes férus de culture française.

Grâce au pécule accordé par son père, Marcoussis se rend à Paris en 1903. Il travaille trois mois à l’académie Julian, étudie ensuite dans l’atelier de Jules Lefebvre et fait la connaissance de Roger de La Fresnaye et de Robert Lotiron. Son père, en proie à des difficultés financières, ne pouvant plus l’aider, Marcoussis collabore aux revues La Vie parisienne et L’Assiette au beurre afin de gagner sa vie.

En 1904, il visite l’Espagne et séjourne à Saint-Sébastien chez son oncle Milner. En 1910, il rencontre Guillaume Apollinaire, qui lui conseille d’adopter le pseudonyme de Marcoussis, emprunté à un village des environs de Montlhéry. Il le présente à Georges Braque et à Pablo Picasso. Marcoussis adhère au cubisme et expose avec le groupe de la Section d’Or. Il intègre le répertoire des formes cubistes : guitares, pipes, bouteilles et verres sur un guéridon, cartes à jouer, paquets de tabac. Il fréquente le café de L’Ami Émile, place Ravignan à Montmartre, et se lie avec Max Jacob, Juan Gris, Albert Gleizes et Francis Picabia. Le 13 juillet 1913, il épouse Alice Halicka. Le jeune ménage s’installe 61, rue Caulaincourt et y demeurera jusqu’en 1939.

Lors de la Première Guerre mondiale, Marcoussis s’engage dans l’armée française et se voit honoré du grade de lieutenant et de la croix de guerre. En 1919, 1921 et 1923, Marcoussis voyage en Pologne, et c’est à cette époque qu’il commence à s’intéresser à la technique du fixé sous verre, qu’il exploitera jusqu’en 1929. Le 3 mars 1922, Alice Halicka donne naissance à leur fille Madeleine. En 1927, Marcoussis séjourne en Bretagne, à Kérity puis à Tréboul, près de Douarnenez, où Max Jacob vient le voir de Quimper. La même année il passe quelque temps à Toulon. Marcoussis se dégage alors du cubisme pour se rapprocher du surréalisme. Il peint la série des Grands Coquillages (1927) ainsi que celle des Natures mortes.

Entre 1931 et 1937, il délaisse la peinture pour se consacrer à la gravure qu’il enseigne dès 1933 à l’académie Schläepfer, à Montparnasse. Il réalise une série d’eaux-fortes pour Alcools d’Apollinaire en 1934 et revient à la peinture en 1937. La fin de sa vie est marquée par des voyages, aux États-Unis (1934-1935) et en Italie (1938).

Le 22 juin 1940, il se réfugie à Cusset, dans l’Allier, avec sa femme et sa fille. Louis Marcoussis commence à ressentir les premiers symptômes du mal qui l’emportera le 22 octobre 1941. Sur sa tombe, Alice Halicka fait graver ces vers d’Apollinaire : Nous ne nous verrons plus sur terre et souviens-toi que je t’attends…