Léopold Gottlieb

1883 1934
 (Галичина) (Ukraine) 1883 /   (France) 1934

Les parents de Léopold Gottlieb, commerçants, encouragent leur fils à devenir artiste, espérant qu’il suivra le chemin de son frère aîné, Mauricy Gottlieb, peintre mort prématurément à l’âge de vingt-trois ans.

Entre 1896 et 1902, Léopold Gottlieb étudie la peinture aux Beaux-Arts de Cracovie avec Jacek Malczewski. À la fin de son cursus, il décroche le premier prix de peinture ainsi qu’une bourse pour partir à l’étranger. En 1903, Gottlieb se rend à Munich pour continuer ses études chez A. Azbe et parallèlement gagne sa vie en exécutant des portraits. En 1905, à l’initiative du groupe des Cinq, qui n’aura qu’un an d’existence, il expose avec ses amis, notamment Witold Wojtkiewicz, en Pologne et à l’étranger. Son premier séjour à Paris remonterait à 1899.

En 1906, il part pendant un an enseigner la peinture à l’école des Beaux-Arts de Bezalel à Jérusalem. De retour à Paris, il épouse une jeune femme médecin érudite et passionnée de culture juive et participe à la vie artistique de Montparnasse. Gottlieb se lie avec Pascin, Diego Rivera, André Salmon, Mela Muter et Elie Nadelman. Réputé pour ses portraits, il fait poser ses amis, reçoit des commandes, notamment du Dr Gustave Bohn et d’Henri Bergson. Il regagne régulièrement la Pologne où il participe au groupe des formistes et au mouvement Rythme.

En 1914 et à la suite d’un désaccord avec le peintre Moïse Kisling, Léopold Gottlieb se livre à un combat en duel au Parc des Princes. Pendant une heure, les adversaires s’infligent de furieux assauts au sabre, lorsque d’un brusque revers Gottlieb fend légèrement le nez de Kisling. L’anecdote fait le tour de Montparnasse et sera relatée dans la presse.

À partir de 1913, Gottlieb participe aux débats en faveur de l’indépendance de la Pologne au sein de la TAP (Société des Artistes polonais à Paris), créée en 1910 par le sculpteur Stanislaw Ostrowski. Les réunions ont lieu à Montparnasse, au 32, rue Denfert-Rochereau, et la société compte parmi ses membres Henri Hayden, Eugène Zak et Mela Muter. Gottlieb participe également aux exercices d’une organisation paramilitaire nommée Le Tireur, dont l’existence n’est connue que d’un petit groupe. Il se rattache ouvertement au patriotisme polonais et rejoindra les rangs du maréchal Pilsudski. Pendant la guerre de 1914-1918, il est en Pologne et peint des scènes de la vie du soldat, prises sur le vif et retravaillées après guerre dans un recueil de lithographies éditées l’année de sa mort. En 1919, Gottlieb donne des cours à l’académie des arts de Zakopane dans les Tatras (Carpates occidentales, à la frontière de la Pologne et de la Tchécoslovaquie). Il regagne Paris dans les années 20. Atteint d’une maladie du foie, il meurt à l’âge de cinquante-quatre ans. Son épouse fut déportée en avril 1943.