Henryk Berlewi

1894 1967
(Pologne) 1894 /   (France) 1967

Encouragé par sa mère, Henryk Berlewi révèle tôt sa vocation artistique. À douze ans, il fréquente l’école des Beaux-Arts de Varsovie. En 1909, il intègre les Beaux-Arts d’Anvers qu’il quitte pour les Beaux-Arts de Paris en 1911.

En 1913, il regagne Varsovie et collabore avec les futuristes polonais.

À Berlin entre 1922 et 1923, Berlewi se lie avec le Novembergruppe (fondé par Max Pechstein en novembre 1918), participe au congrès international d’Art progressif et entre en contact avec El Lissitzky.

De retour à Varsovie en 1923, il fonde au côté de Wladyslaw Strzeminski (1893- 1952) le groupe constructiviste Blok. En mars 1924, Berlewi publie le manifeste de son concept d’art abstrait, la Mecanofacture (rythmes de formes géométriques et couleur pure donnant l’illusion de la vibration et du mouvement), préfacé par l’écrivain Alexandre Wat. En 1924, insistantsur les liens qui unissent l’art et la machine, Berlewi organise la première exposition «Mecanofacture » dans le salon automobile Austro-Daimler. Bien que controversée par les milieux officiels, l’expérience sera suivie, vingt-quatre heures plus tard, par les partisans du groupe Blok. Au cours de l’été 1924, il est invité par Herwarth Walden, fondateur de la revue Der Sturm et de la galerie du même nom, à exposer ses expériences sur la Mecanofacture. La traduction allemande de son manifeste paraît en même temps dans la revue Der Sturm. En 1926, Berlewi interrompt ses recherches ; il revient à l’art figuratif et travaille à des décors de théâtre.

En 1927, il s’installe définitivement à Paris. Entre 1928 et 1938, il séjourne en Belgique et exécute quelques portraits du monde politique et littéraire. À cette époque, apprenant qu’il estgravement malade, Berlewi cesse toute activité artistique.

En 1942, il quitte Paris, se réfugie à Nice et entre dans la Résistance (1943-1944). Ce n’est qu’en 1947 qu’il reprend goût à la peinture. Souhaitant « réintroduire l’objet », il exécute des natures mortes inspirées des maîtres français du XVIIe. En 1957, l’exposition sur les précurseurs de l’art abstrait en Pologne à la galerie Denise René l’incite à reprendre ses recherches sur la Mecanofacture. Celle-ci apparaît aujourd’hui comme l’une des sources de l’art optique.