Joseph Hecht

1891 1951
(Pologne) 1891 /   (France) 1951

Joseph HECHT

LODZ (POLOGNE) 1891 – PARIS 1951

Après son service militaire, Joseph Hecht, soutenu par sa mère et ses sœurs, s’engage dans la voie artistique. En 1909, il entre aux Beaux-Arts de Cracovie jusqu’en 1914. Son père, Samuel Hecht, lui donne la possibilité de voyager en Europe. Il visitera successivement Vienne en 1911, Rome et Capri en 1913.

 

À la déclaration de la Première Guerre mondiale, Joseph Hecht est à Berlin. Les autorités allemandes lui ordonnent de gagner la Norvège, il y restera jusqu’en 1919. Établi dans un petit village près d’Oslo, il met à profit ce voyage pour travailler l’huile, le dessin et l’estampe. Grâce à l’amitié du peintre Isaac Grünewald (1889-1946), quelques expositions de ses œuvres sont organisées en 1918 et 1919 au Kunstforening d’Oslo.

 

En 1918, Hecht débarque à Paris et obtient la nationalité française. Dès son arrivée, il va au Jardin des Plantes pour observer les animaux. Il en fait son sujet de prédilection et représente inlassablement oiseaux, fauves, poissons mais aussi les animaux de la ferme. Il est soutenu par le sculpteur Moïse Kogan, déporté en 1943, qui lui facilite l’accès à un atelier de la cité Falguière. Modigliani, Jacques Lipchitz, Léon Indenbaum et Oscar Miestchaninoff y avaient également élu domicile.

 

Joseph Hecht rencontre Ingrid Sofia Morssing, artiste suédoise installée à Paris qu’il épouse en 1922, après la naissance de leur fils Henri. En 1926, il publie L’Arche de Noé, album d’estampes préfacé par Gustave Kahn, et fait la connaissance d’un jeune Anglais récemment installé à Paris, Stanley William Hayter, qui l’initie à la technique du burin et lui transmet sa passion pour la gravure. En 1927, Hecht encourage et aide Hayter à créer l’Atelier 17 à Paris. En 1928, il publie Atlas, un portefeuille de six gravures et un poème d’André Suarès. En 1928, il crée avec Pierre Guastalla et neuf autres artistes l’association La Jeune Gravure contemporaine.

 

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Hecht se réfugie à Casablanca, puis à Marseille. Il séjourne ensuite à Banyuls-sur-Mer avant de rejoindre Belley, petit village de Savoie. À l’automne 1944, il retrouve son atelier à la cité Falguière, mais, démoralisé, ne grave guère. En 1946 Stanley William Hayter l’incite à reprendre la gravure, ensemble ils réalisent La Noyée. En 1948, Hecht met au point une technique d’estampage qui aura un avenir certain dans les années 50.

 

 

Le 19 juillet 1951, alors qu’une commande de cartons de tapisserie l’appelle en Suède, Joseph Hecht s’éteint dans son atelier parisien.