Alfred Aberdam

1894 1963
(Ukraine) 1894 /   (France) 1963

Alfred Aberdam grandit à Lvov (alors dans l’Empire austro-hongrois) dans une famille aisée. Son père est un homme cultivé. Après son baccalauréat, il organise dans sa ville natale plusieurs conférences sur les maîtres italiens et flamands, et sur les premiers peintres juifs, dont Josef Israëls (1824-1911).

Abandonnant la théorie pour la pratique, Aberdam part en 1913 pour Munich étudier la peinture à l’académie des Beaux-Arts. La Première Guerre mondiale met fin à son apprentissage : il est mobilisé dans l’armée autrichienne puis envoyé sur le front oriental. Blessé dès le début de la guerre, il sera capturé par les Russes et interné à Irkoutsk, en Sibérie.

En 1917, Aberdam est nommé commissaire du peuple aux Beaux-Arts par le soviet local qui lui confie la charge de réorganiser l’enseignement artistique. L’année suivante, à Moscou, il se lie avec le poète Vladimir Maïakovski.

Après Leningrad et Vienne, Aberdam rentre à Lvov. Entre 1920 et 1922, il étudie aux Beaux-Arts de Cracovie, où enseigne Josef Pankiewicz, et obtient le premier prix de peinture en 1922.

En 1923, de passage à Berlin, il rencontre Menkès et Weingart dans l’atelier du sculpteur Alexander Archipenko. En 1924, il se fixe à Paris dans le quartier de Montparnasse.

Jusqu’en 1937, grâce à son ami Marcel Slodki, il aurait bénéficié de commandes de collectionneurs suisses.

Sous l’Occupation Aberdam trouve refuge à Paris chez la pianiste Anna Radlinska.

En 1944, il participe à la création de la Société des artistes juifs à Paris, présidée par le sculpteur Léon Indenbaum. Aberdam en devient secrétaire, Marc Sterling et Zygmund Schreter, trésoriers. Leurs objectifs : créer un musée juif à Paris et un périodique consacré à la culture juive. Cette association organisera vingt meetings. Le premier aura lieu le 15 septembre 1944.

Après la guerre, Alfred Aberdam retrouve son domicile parisien, visite le midi de la France, la Suisse et plus tard Israël, où plusieurs expositions lui seront dédiées.